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Retour sur le Rendez-vous végétal 2026

  • 6 avr.
  • 7 min de lecture
Discourt au Rendez-vous Végétal 2026


Le 17 février 2026, plus de 420 acteurs du secteur des grandes cultures se sont réunis au Centre des congrès de Saint-Hyacinthe, véritable capitale agroalimentaire du Québec, pour participer au Rendez-vous végétal 2026 (https://rv-vegetal.com/programmation/). Cet événement annuel est devenu un incontournable pour les producteurs, les agronomes, les conseillers et les entreprises qui gravitent autour du monde des grandes cultures.


Le principe est simple : réunir, le temps d’une journée, des spécialistes reconnus pour partager leurs connaissances et discuter des défis qui touchent directement les producteurs québécois. Marchés des grains, pratiques agronomiques, gestion des entreprises agricoles, innovations technologiques… Les thèmes abordés couvrent des enjeux auxquels les producteurs sont confrontés sur leur ferme.


Dans un contexte où l’agriculture évolue rapidement, entre volatilité des marchés, hausse des coûts de production et pression pour améliorer la performance agronomique et environnementale, ces rencontres deviennent des moments privilégiés pour prendre du recul, apprendre et échanger avec d’autres producteurs.


L’édition 2026 n’a pas fait exception. La programmation proposait plusieurs conférences de haut niveau, mais certaines présentations ont particulièrement attiré mon attention. C’est notamment le cas des conférences de Bruno Simard, Shawn P. Conley, Ph. D., Eric Richter et Mike Verdonck, qui ont offert des perspectives clés sur l’agriculture moderne : le marché, l’agronomie et la performance des entreprises agricoles.


Dans cet article, je vous propose un retour sur ces conférences et, surtout, sur les enseignements concrets que vous pouvez en tirer pour votre entreprise.



Pourquoi participer au Rendez-vous végétal?


Quand on participe à un événement comme celui-ci, la première question qu’un producteur se pose est assez simple : qu’est-ce que ça va changer pour moi sur la ferme?


Voici quelques éléments clés qui ressortent des conférences de cette édition.


1. Mieux comprendre les marchés des grains

La conférence de Bruno Simard a rappelé que les producteurs québécois sont directement influencés par les dynamiques du marché mondial. Comprendre ces tendances permet de mieux planifier la commercialisation et de saisir certaines opportunités.


2. Améliorer les rendements grâce aux données

La présentation de Shawn P. Conley a démontré à quel point l’agronomie moderne repose de plus en plus sur l’analyse de données et les essais agronomiques. Plusieurs pratiques peuvent être optimisées pour améliorer la performance des cultures, notamment dans le soya.


3. Produire mieux, pas seulement plus

La conférence de Mike Verdonck a mis l’accent sur un point crucial : la rentabilité d’une entreprise agricole ne dépend pas seulement du rendement, mais aussi de l’efficacité des opérations.


4. Prendre des décisions basées sur des faits

Le message transversal de la journée était l’importance de baser nos décisions sur des données concrètes plutôt que sur des perceptions ou des habitudes.


En résumé, les conférences du Rendez-vous végétal ont rappelé une chose importante : la réussite d’une entreprise agricole repose sur l’équilibre entre agronomie, gestion et compréhension du marché.


Le Rendez-vous végétal : un incontournable


Au fil des années, le Rendez-vous végétal s’est imposé comme l’un des événements majeurs pour le secteur des grandes cultures au Québec. L’objectif est de créer un pont entre la recherche scientifique, l’expertise agronomique et la réalité des producteurs.


Le succès de cet événement repose en grande partie sur la qualité des conférenciers invités. Les organisateurs privilégient des spécialistes reconnus qui possèdent à la fois une expertise scientifique et une bonne compréhension du terrain.


En 2026, la programmation reflétait bien cette approche. Les conférences abordaient des sujets variés, allant de la gestion agronomique des cultures à la performance économique des entreprises.


Voici trois conférences qui ont particulièrement retenu mon attention : celles de Bruno Simard, Shawn P. Conley et Mike Verdonck.


Bruno Simard : comprendre les marchés mondiaux du grain


Terminal de grain de G3 Canada à Trois-Rivière

La journée a débuté avec une conférence de Bruno Simard, directeur principal de l’approvisionnement pour l’Est du Canada chez G3 Canada. Son intervention portait sur les enjeux du commerce des grains à l’international ainsi que sur ses tenants et aboutissants.


Un éléments que je retiens, est que chaque critère de classement est négocié au contrat d’achat. Comme l’humidité, la protéine, le taux de déchets, et ce, à la décimale près!


Comment se positionne le Canada dans le commerce mondial?


Le Canada est l’un des exportateurs majeurs de grains au monde. Une grande partie de la production agricole canadienne est destinée aux marchés internationaux, dont principalement l’Europe et l’Asie.


Plusieurs facteurs peuvent influencer le prix des grains :

  • la production aux États-Unis, en Amérique du Sud et en Ukraine

  • les conditions climatiques en Amérique

  • les volumes d’exportations

  • les fluctuations du dollar canadien

  • les tensions géopolitiques


À ma grande surprise, le Canada bénéficie d’un atout majeur sur l’échiquier international. La qualité de ses grains! Et oui, contre toute attente, nos hivers nous sont favorables. Ceux-ci facilitent sa conservation et nous protègent des ravageurs comme les insectes et la vermine. 


Hormis la conservation, la qualité de nos grains est également reconnue à l’international. Alors oui, miser sur la qualité nous favorise dans la mise en marché de nos grains. Elle permet de mieux nous positionner dans des marchés où il y a beaucoup de concurrence.


La logistique : un enjeu majeur


Un autre aspect abordé durant la conférence concerne l’importance des infrastructures logistiques.


Pour qu’un grain produit au Québec atteigne un marché international, il doit passer par plusieurs étapes :

  • entreposage à la ferme

  • transport vers élévateur

  • nettoyage et classement

  • transport vers un centre de transbordement maritime

  • transport maritime


Vous le savez sans doute, le fleuve St-Laurent prend congé l’hiver! Et, c’est pendant cette période que le prix des grains peut être défavorable. Cela n’explique pas totalement le coût, mais il est certain qu'il est plus avantageux lorsqu'il y a des transactions et des mouvements de grains.


Comme le dit l’adage: “La chaîne tient à son maillon le plus faible.” Alors chaque maillon de la chaîne logistique influence la compétitivité du grain canadien sur les marchés internationaux. Pour cette raison, G3 investit dans ses infrastructures dont notamment celle de Trois-Rivières. À leur tour, les producteurs peuvent également contribuer à la chaîne de valeur avec des installations efficaces à la ferme.


Ce que les producteurs doivent retenir


Le message principal de cette conférence était clair : le commerce à l’international est complexe, mais les opportunités sont nombreuses pour les producteurs du Québec et du Canada.


👉 Comprendre les dynamiques mondiales permet de mieux saisir certaines fluctuations de prix et de mieux planifier les ventes.


Shawn P. Conley : l’agronomie basée sur les données


Présentation de Shawn P. Conley lors du Rendez-Vous Végétal 2026

La conférence suivante était présentée par Shawn P. Conley, professeur et spécialiste reconnu des grandes cultures à l’Université du Wisconsin. Sa présentation portait sur l’optimisation de la culture du soya à partir de données agronomiques.


Tout au long de sa conférence, Shawn nous a présenté de nombreux tableaux synthétisant des essais, des compilations de résultats. Il nous a également rappelé que l’ensemble de ses travaux, fort intéressants d'ailleurs, sont disponibles sur son site Web Badger Crop Network. Vous n’avez pas eu l’occasion d’assister au Rendez-vous végétal? Dépêchez-vous d’aller consulter son site!


L’importance des essais au champ


Un des points les plus intéressants de la conférence concernait l’importance des essais agronomiques. Selon M. Conley, les recommandations agronomiques doivent être basées sur des données réelles recueillies directement au champ.


Ces essais permettent de tester différentes variables :

  • densité de semis

  • fertilisation

  • date de semis

  • choix de variétés

  • gestion des maladies


Les résultats obtenus permettent ensuite d’adapter les pratiques agricoles aux conditions locales.


La date de semis : un facteur clé pour le soya


La conférence a également mis en évidence l’importance de la date de semis pour maximiser les rendements en soya. Plusieurs études démontrent que les semis hâtifs permettent généralement d’obtenir de meilleurs rendements.


Les raisons sont multiples :

  • meilleure interception de la lumière

  • développement végétatif plus important

  • meilleure utilisation de la saison de croissance


Cependant, il faut également tenir compte des conditions de sol et des risques liés aux températures printanières. Les premières 24 heures sont critiques et peuvent grandement influencer votre rendement.


La gestion de la densité


Un autre élément abordé concerne la densité de semis. Contrairement à certaines idées reçues, augmenter la densité de semis ne mène pas toujours à de meilleurs rendements. L’objectif est plutôt d’atteindre une densité optimale qui permet à chaque plant d’exprimer son potentiel.


Mike Verdonck : produire mieux, pas seulement plus


Travail de sol par Mike Verdonck

L'autre conférence marquante de la journée était présentée par Mike Verdonck, président du Groupe Stell Ag. Son intervention portait sur la performance des entreprises agricoles et sur les moyens d’améliorer l’efficacité au champ.


L’efficacité opérationnelle


Selon Mike Verdonck, l’agriculture moderne doit viser l’efficacité globale du système de production. Produire plus n’est pas toujours la solution. Dans plusieurs cas, améliorer l’efficacité des opérations peut avoir un impact direct sur la rentabilité.


La gestion de la machinerie


La machinerie représente souvent l’un des postes de dépenses les plus importants dans une entreprise agricole.


Une gestion efficace peut permettre de :

  • réduire les coûts de carburant

  • diminuer les heures de travail

  • optimiser les opérations au champ


L’importance de l’analyse économique


Mike Verdonck a également insisté sur l’importance de garder une bonne santé financière. Au-delà des désirs d’innover pour augmenter ses revenus d’entreprise, il est important d’y aller par étape, de manière incrémentale et stratégique. Aller trop vite, peut être casse-gueule et vous coûter très cher!


Les producteurs disposent aujourd’hui de nombreux outils pour mesurer différents aspects de leur production :

  • rendement

  • coûts de production

  • efficacité des opérations

  • performance des équipements


Ces données permettent de bien mesurer votre performance et d’identifier les points à améliorer.


Recommandations


À la lumière des conférences présentées lors du Rendez-vous végétal 2026, plusieurs recommandations peuvent être tirées pour les producteurs de grains.


1. Suivre l’évolution des marchés

Les marchés agricoles sont de plus en plus influencés par les dynamiques internationales. Comprendre ces tendances peut aider à mieux planifier la commercialisation des grains.


2. Tester des pratiques agronomiques

Les essais au champ sont un excellent moyen d’évaluer l’impact de différentes pratiques agronomiques. Même des essais simples peuvent fournir des informations très utiles.


3. Optimiser les opérations

Améliorer l’efficacité des opérations agricoles peut avoir un impact direct sur la rentabilité de l’entreprise.


Cela peut passer par une :

  • meilleure planification

  • gestion optimisée de la machinerie

  • réduction des opérations inutiles


4. Utiliser les données disponibles

Les producteurs disposent aujourd’hui de plus en plus de données provenant de leurs équipements et de leurs champs. Utilisées correctement, ces données peuvent devenir un puissant outil pour améliorer la prise de décision.


Conclusion


Le Rendez-vous végétal 2026 a une fois de plus démontré l’importance du transfert de connaissances dans le secteur des grandes cultures.


Les conférences de Bruno Simard, Shawn P. Conley et Mike Verdonck ont permis d’aborder

trois dimensions essentielles de l’agriculture moderne :

  • la compréhension des marchés

  • l’optimisation agronomique

  • la performance des entreprises agricoles


Pour les producteurs, ces trois éléments sont intimement liés. Une entreprise agricole performante est une entreprise qui comprend son environnement économique, qui adopte des pratiques agronomiques efficaces et qui optimise ses opérations.


Les événements comme le Rendez-vous végétal permettent de faire le lien entre ces différents aspects. Ils offrent également l’occasion de rencontrer d’autres producteurs, d’échanger des idées et de découvrir de nouvelles approches.


Et si une chose ressort clairement de cette édition, c’est que l’agriculture continue d’évoluer rapidement. Dans ce contexte, les producteurs qui resteront informés, curieux et ouverts aux nouvelles idées seront probablement ceux qui tireront le mieux leur épingle du jeu.

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